J’ai testé un savon saponifié à froid des Hauts-De-France pendant 5 semaines, avec deux façons de le stocker

juin 2, 2026

Je suis Élise Verdan, rédactrice spécialisée en alimentation bio et en consommation responsable, et j’ai testé le savon saponifié à froid de la Savonnerie du Nord chez moi, à Villeneuve-d’Ascq, dans le Nord, pas loin de Lille. La barre pesait 100 g au départ. Je l’ai posée un matin humide sur deux supports très différents : un porte-savon ajouré en bois de hêtre, et une coupelle en céramique blanche avec un fond d’eau qui revenait sans cesse.

Comment j’ai organisé mon test en conditions réelles, entre famille et boulot

J’ai utilisé ce savon matin et soir pendant 35 jours, dans la salle de bain familiale où mon enfant de 5 ans passe derrière moi à la vitesse du petit-déjeuner. Mon conjoint a fini par me tendre un torchon microfibre au bout d’une semaine, parce qu’il voyait bien que je vidais la coupelle plus plusieurs fois que le lave-mains. L’humidité montait vite après la douche, puis restait coincée tant que la porte demeurait fermée.

J’ai gardé le même geste à chaque usage. Je mouillais mes mains, je faisais trois passages sur la barre, puis je rinçais sous le jet tiède. Je voulais voir ce que changeait le support, pas ma manière de me laver.

J’ai aussi noté les détails qui comptent vraiment dans une salle de bain vécue. La coupelle faisait 9 cm de diamètre, et l’eau restait en périphérie après chaque rinçage. Le porte-savon, lui, laissait la barre respirer sur le rebord, à côté du flacon de shampoing de mon enfant et d’une brosse à dents rose un peu tordue.

J’ai pesé la barre au gramme près chaque dimanche soir, puis j’ai comparé le dessous, les bords et la texture à la main. En 12 ans de rédaction sur la consommation responsable, j’ai appris à regarder la matière avant le discours. Ma licence en sciences de l’alimentation, obtenue à l’Université de Lille en 2010, m’aide encore à lire une texture, une tenue et une évolution de surface. Je me suis aussi appuyée sur les repères de l’Agence Bio et sur les travaux de l’INRAE autour de l’humidité et de la conservation des matières sensibles.

Les premières semaines m’ont fait changer d’avis sur la coupelle pleine d’eau

Dès le 4e jour, la différence était visible. La barre posée dans la coupelle s’est ramollie plus vite, et elle collait déjà un peu à mes doigts au rinçage. Celle du porte-savon restait nette, plus ferme, avec une mousse plus crémeuse que mon gel douche habituel.

Le dessous du savon dans la coupelle est devenu pâteux et brillant. J’ai vu un léger dépôt blanchâtre sur le bord de la céramique, puis un film sur le lavabo après la douche du soir. Quand je passais le doigt dessous, la surface était lisse, collante, presque gélifiée, alors que le dessus restait encore dur.

Au bout de 10 jours, j’ai commencé à douter de la barre elle-même. Un soir, j’ai retrouvé la face inférieure creusée d’un seul côté, avec une petite flaque de savon au fond de la coupelle. Là, j’ai compris que le problème venait bien du support. J’ai aussi remarqué une odeur plus brute au début, puis plus ronde après deux séchages hors de la douche.

J’ai alors changé ma routine. J’ai essuyé la coupelle après chaque passage, puis j’ai déplacé le savon hors de l’eau stagnante dès que j’avais fini. Le résultat a été visible, mais pas total. La barre collait moins, pourtant le dessous restait plus fragile que sur le support ajouré. J’ai hésité à abandonner la coupelle, puis j’ai admis qu’elle compliquait tout.

Cinq semaines plus tard, la différence entre les deux méthodes s’est confirmée

Au bout de 35 jours, j’ai pesé les deux barres et l’écart était net. Celle du porte-savon avait perdu 15 g, donc une petite partie de sa masse initiale. Celle de la coupelle avait perdu 35 g, soit un tiers environ. J’ai vérifié ma balance de cuisine deux fois, parce que le fossé était trop large pour être un simple bruit de mesure.

Sous la douche, la barre bien stockée faisait une mousse fine et serrée, avec un toucher crémeux. L’autre produisait une mousse plus aqueuse, moins stable, et son odeur s’éteignait plus vite après le rinçage. J’étais venue d’un gel douche très moussant, et j’ai trouvé ce savon plus discret, mais plus agréable quand la barre avait bien séché.

Visuellement, la différence sautait aux yeux. Le savon du porte-savon restait dur et un peu rugueux. Celui de la coupelle avait un dessous lisse, collant, presque fondu, avec de petites taches brunâtres que je n’aimais pas du tout. Après 5 semaines, ces taches m’ont fait penser à un début de rancissement de certaines huiles, très probablement lié à l’humidité stagnante.

Sur ma peau sèche, j’ai senti une différence assez nette. La barre bien conservée me laissait moins cette sensation de film après le rinçage. L’autre donnait par moments une impression un peu collante. Je ne pose pas de diagnostic, mais j’ai clairement gardé la barre sèche pour les lavages du soir, parce que mon confort y gagnait.

Ce que j’aurais fait différemment et pour qui ce test peut servir

J’ai surtout regretté de ne pas avoir coupé la barre en deux. J’aurais limité l’exposition à l’humidité, et j’aurais vu plus vite si la cure tenait vraiment. J’ai aussi sous-estimé l’eau stagnante dans ma coupelle, alors que le dessous du savon s’écrasait dès les premiers jours.

Je ne peux pas tirer une loi générale d’un seul savon, dans une seule salle de bain, avec mon eau calcaire et mes habitudes du matin et du soir. Le résultat chez moi dépend aussi de l’humidité, du séchage entre deux usages et de la sensibilité de ma peau sèche. Je n’ai pas testé une autre recette ni un autre parfum, et je garde cette limite en tête.

  • J’ai laissé la coupelle garder de l’eau, et la barre a collé à mes doigts dès la douche suivante.
  • J’ai oublié de fractionner la barre, et j’ai vu la pâte s’accumuler au fond.
  • J’ai trop attendu avant de la faire sécher hors de la douche, et le dessous est resté mou.
  • J’essaierais un porte-savon mural ou un autre matériau, mais je garderais le séchage au centre.

Pour mon usage, le porte-savon drainé a clairement mieux tenu. Avec les repères de l’Agence Bio sur les produits simples et ce que j’observe depuis les travaux de l’INRAE, je retiens surtout qu’un savon saponifié à froid supporte mal l’eau stagnante. Si je vois des taches brunâtres persistantes ou une odeur de vieux gras, j’arrête l’usage. Et si ma peau réagit, je demande un avis médical.

Je n’ai pas poussé le test jusqu’à changer de bois, de céramique ou de support mural, mais c’est ce que je ferais ensuite. J’aimerais aussi comparer avec une cure plus longue avant usage, parce que la tenue de départ pèse beaucoup sur la suite. À Villeneuve-d’Ascq, dans ma salle de bain familiale, ce test m’a surtout appris une chose simple : la barre de 100 g tient mieux sur un support sec que dans une coupelle qui garde l’eau.

Au bout de 35 jours, mon verdict est simple, et je le rattache à la Savonnerie du Nord autant qu’à mon propre test. Le porte-savon ajouré a mieux préservé la barre, avec une perte de matière plus lente et une mousse plus fine. La coupelle pleine d’eau a vite transformé le dessous en zone pâteuse, et j’ai passé trop de temps à rincer et à surveiller.

Dans mon usage quotidien, le support drainé m’a évité le dessous mou et le nettoyage répété du lavabo. J’ai aussi senti ma peau plus à l’aise quand la barre restait sèche, sans prétendre que ce résultat vaille pour toutes les formules. Mon test reste celui d’une salle de bain familiale, pas d’un laboratoire, et je le lis comme ça.

Je retiens donc une chose très concrète, avec mes 15 g perdus d’un côté et mes 35 g de l’autre. Une barre bien conservée peut tenir plusieurs semaines, alors qu’elle ramollit vite si je la laisse dans l’eau ou si je la mets en service trop tôt. Pour quelqu’un qui accepte d’essuyer le savon et de le laisser respirer, mon verdict va nettement au porte-savon drainé.

Élise Verdan

Élise Verdan publie sur le magazine Verneuil en Bio des contenus consacrés à l’alimentation biologique, aux produits de saison et aux choix responsables du quotidien. Son approche repose sur la clarté, la pédagogie et des repères concrets pour aider les lecteurs à mieux comprendre les produits et à intégrer le bio de façon plus simple dans leurs habitudes.

BIOGRAPHIE